Publié le 30 Mar 2025 | 130 vue(s)
En Côte d’Ivoire, de nombreuses peintures décoratives vendues sur le marché contiennent encore des teneurs dangereusement élevées en plomb. Pourtant, l’exposition au plomb est reconnue comme l’un des plus grands risques chimiques pour la santé publique, en particulier chez les enfants.
Durant les deux dernières années, le Centre Africain pour la Santé Environnementale (CASE), en partenariat avec l’ONG internationale Lead Exposure Elimination Project (LEEP), a mené une série d’analyses sur des échantillons de peintures décoratives disponibles en Côte d’Ivoire. L’objectif était clair : évaluer la teneur en plomb dans ces produits largement utilisés dans les habitations.
Les résultats sont préoccupants :
Ces chiffres confirment que certaines marques ne respectent pas les normes de sécurité, mettant en péril la santé des populations, en particulier des enfants, des femmes enceintes et des artisans.
L’exposition au plomb dans les peintures peut entraîner de graves problèmes de santé : retard de développement chez les enfants, troubles neurologiques, hypertension, anémie, et bien plus encore. Ce danger est totalement évitable, à condition d’adopter une réglementation stricte interdisant les peintures au plomb.
En 2019, un projet de décret visant à interdire l’utilisation du plomb dans les peintures décoratives a été élaboré et validé par les ministères techniques. Malheureusement, ce texte n’a toujours pas été adopté par le gouvernement.
Outre ce projet, deux textes majeurs sont en attente :
Aujourd’hui, aucune réglementation obligatoire n’encadre la teneur maximale de plomb dans les peintures, mis à part les normes volontaires édictées par CODINORM.
Fort de ses analyses et de son rôle d’acteur engagé pour la santé environnementale, CASE appelle à une action urgente. Il est impératif que ces projets de décrets soient adoptés et signés dans les plus brefs délais. Cela permettra non seulement de protéger les populations, mais aussi d’envoyer un message fort aux fabricants et distributeurs : la santé publique n’est pas négociable.
La prévention des intoxications au plomb est possible, efficace et peu coûteuse. De nombreux pays ont déjà franchi le pas et ont légiféré pour interdire ou fortement encadrer l’utilisation du plomb dans les peintures.
La Côte d’Ivoire ne peut plus attendre. Il en va de la santé de millions de citoyens, de la sécurité des enfants, et de l’engagement du pays envers les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le plomb dans les peintures décoratives reste un problème de santé publique majeur en Côte d’Ivoire. Grâce aux efforts du CASE et à l'appui de partenaires internationaux comme LEEP, la lumière est faite sur un danger longtemps ignoré. Mais la vraie avancée dépend maintenant d’un engagement politique fort.
Il est temps d’agir. Pour nos maisons. Pour nos enfants. Pour notre avenir.